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Published 01/09/2025
Auteur Diane Perraru

Sébastien Bonneau : quatre générations, une même passion pour la musique

La musique, chez les Bonneau, est une histoire de famille qui remonte à quatre générations. Bien avant MYMA, les arrière-grands-parents de Sébastien tenaient une boutique d’instruments à Évreux. Puis vinrent, avec Paul Bonneau, la direction d’orchestre, l’édition musicale, le Lido et, au fil du temps et des générations, la musique pour l’image.

MYMA traverse près de sept décennies avec une même conviction : les usages évoluent, mais l’émotion reste au cœur de tout. Aujourd’hui, Sébastien Bonneau poursuit cette histoire en faisant dialoguer héritage, création et innovation au service de la musique à l’image.

Une histoire de transmission, depuis 1957

« C’est une histoire bien singulière, une histoire familiale dont je suis très fier. »

L’histoire de MYMA commence en 1957, avec la création des Éditions Lido-Mélodies, au cœur du mythique cabaret Le Lido, à Paris. À l’époque, le catalogue épouse naturellement l’univers des grandes revues parisiennes : jazz, swing, chansons, musique orchestrale et rythmes latino-américains.

Du Lido à la famille Bonneau

En 1968, Paul Bonneau, chef d’orchestre et compositeur, rachète les éditions musicales du Lido. Une histoire familiale commence alors à s’écrire.

« En 1978, mon père Christian lui succède et enrichit le catalogue d’œuvres interprétées par de grands noms du jazz, du blues et du gospel : Stéphane Grappelli, Chet Baker, le Golden Gate Quartet, Memphis Slim, Sugar Blue… »

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© Paul Bonneau & Henri_Betti au Studio_Decca - MYMA Archives

Sébastien Bonneau : une nouvelle impulsion

Sébastien Bonneau rejoint à son tour l’entreprise familiale en 1995. Au début des années 2000, il lui donne une nouvelle impulsion : la musique pour l’image devient progressivement le cœur de son activité.

Cinéma, fiction, documentaire, publicité, communication… La maison élargit son terrain de jeu et accompagne les nouveaux usages de l’image et des médias sans perdre ce qui fait son identité : la musique.

En 2013, cette nouvelle dynamique prend un nom : MYMA – Montmorency Music Agency, en écho à la vallée de Montmorency où la société est implantée.

« MYMA est une société qui traverse les époques. Cette longévité, je la vois comme le fruit d’une passion et d’un engagement constants, mais aussi d’une capacité à évoluer et à se réinventer au fil des transformations de notre métier. »

De maison familiale à un acteur international

Un nouveau tournant intervient en 2016, lorsque Sony Music Publishing confie à MYMA la distribution en France du catalogue EMI Production Music, dont l’iconique KPM Music.

Une étape structurante qui renforce le positionnement de la maison et lui ouvre de nouvelles perspectives, en France comme à l’international.

Mais chez MYMA, héritage n’a jamais rimé avec immobilisme.

En 2025, la maison franchit un nouveau cap avec le lancement de sa nouvelle plateforme web et l’arrivée de plusieurs labels internationaux prestigieux dans son catalogue en distribution France, parmi lesquels Cavendish Music, Sonoton Music, APM Music, Standard Music…

« Notre priorité reste la même : proposer un catalogue toujours plus vaste, plus profond et exigeant, où quantité et qualité vont de pair. »

MYMA aujourd’hui : un catalogue en constante évolution

Aujourd’hui, MYMA rassemble près de 14 000 albums issus de 125 labels internationaux, soit environ 700 000 titres toutes versions confondues, représentant plus de 225 000 œuvres uniques.

À cela s’ajoutent plus de 17 000 musiques d’archives et près de 1 200 nouveaux albums chaque année.

Une profondeur de catalogue au service d’une ambition : proposer des musiques haut de gamme, exigeantes dans leur production et capables de répondre aussi bien aux standards de la musique du commerce qu’aux besoins spécifiques de la synchronisation.

En 2027, MYMA célébrera ses 70 ans.

Sept décennies de musique, de transmission et de réinvention avec, toujours, le même fil conducteur : SYNC EMOTION – Image et Musique, une même vibration.

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© Chacha


Une maison, six signatures

Si MYMA représente aujourd’hui des catalogues venus du monde entier, son identité musicale s’incarne aussi dans ses six labels maison, chacun pensé comme un territoire créatif à part entière.

Six labels, six territoires sonores

JUSTEMENT MUSIC traverse les genres et les époques avec une approche éclectique et haut de gamme.

MYMA TRAILERS développe une musique cinématographique puissante, construite spécifiquement pour l’univers de la bande-annonce.

STEREOSCOPIC cultive un son frais, contemporain, percutant et immédiatement synchronisable.

SUPERAMA RECORDS explore l’électro, les musiques urbaines et les hybridations orchestrales avec une approche résolument actuelle.

MONTMORENCY RECORDS développe des projets Artist Series, à la croisée de la musique du commerce et de la musique à l’image.

Enfin, MY DOCUMENTARY façonne des univers sensibles et immersifs conçus pour accompagner le récit documentaire.

Six labels, six identités, mais un seul et même ADN : une direction artistique exigeante

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© Les 6 labels maison - MYMA

Une direction artistique exigeante

Car pour Sébastien Bonneau, la singularité d’une librairie musicale ne se mesure pas uniquement au nombre de titres qu’elle propose. Elle se reconnaît aussi à ses artistes et à la vision artistique qui relie les œuvres entre elles.

MYMA défend ainsi une direction artistique forte, portée par des compositeurs et des artistes dont beaucoup collaborent exclusivement avec la maison.

L’objectif n’est jamais de fabriquer une musique standardisée.

Une œuvre doit bien sûr comprendre les codes de la synchronisation : raconter rapidement une intention, accompagner une narration, créer un mouvement, une émotion, un impact. Mais elle doit avant tout conserver une identité.

C’est là que la direction artistique de MYMA intervient : accompagner les talents dans la maîtrise des codes de la musique à l’image sans gommer ce qui les rend uniques.

Être sync-friendly, oui. Sacrifier son identité, jamais.

Accompagner les œuvres au-delà de la création

Cette exigence se prolonge ensuite dans l’exploitation des œuvres : métadonnées, suivi des utilisations, distribution en France et à l’international, gestion des droits…

La musique doit être créée avec soin, mais aussi identifiée, diffusée et défendue avec la même exigence.

« Une fois un album masterisé, il est important pour nous qu’il soit exploité le mieux possible, grâce à notre réseau en France et à l’international, et que les droits reviennent correctement aux ayants droit (via les sociétés de gestion collective ou via MYMA) sous forme de royalties réglées semestriellement. Nous sommes très exigeants sur la communication des données de copyright de chaque titre de notre catalogue, ainsi que sur la vérification de l’exploitation de nos musiques grâce au tracking. Nous utilisons notamment l’IA pour identifier précisément où nos musiques sont exploitées, sur l’ensemble des médias. »


L’IA pour mieux chercher, jamais pour remplacer la création

Face au développement de l’intelligence artificielle, MYMA a fait un choix clair : mettre la technologie au service de la supervision, et non à la place de la création.

La technologie au service de la recherche musicale

Avec plusieurs centaines de milliers de titres disponibles, trouver la bonne musique est devenu un enjeu en soi.

L’intelligence artificielle permet aujourd’hui à MYMA d’enrichir ses outils de recherche et d’explorer autrement la profondeur de son catalogue.

Recherche par similarité audio, recherche à partir d’un prompt ou d’une intention créative : la technologie permet de parcourir plus rapidement la musique, de créer de nouveaux chemins entre les œuvres et d’accompagner les professionnels de l’image dans leur recherche du bon morceau.

Une création résolument humaine

Sur la création, la position de MYMA est sans ambiguïté : les compositeurs et artistes de ses labels créent, composent, interprètent et produisent sans recours à l’IA générative.
Parce que derrière une musique, il doit rester une intention.
Une personnalité.
Une sensibilité.
Un savoir-faire.
Et surtout, quelqu’un.
Une musique 100 % humaine, augmentée par la technologie pour mieux la découvrir, jamais pour la créer.

Près de 70 ans de musique, et toujours en mouvement

Cette conviction s’inscrit naturellement dans l’histoire de la maison.
De Paul à Christian, puis à Sébastien Bonneau, les outils ont changé, les supports se sont dématérialisés, les médias se sont transformés et les façons de chercher, produire et synchroniser la musique ont évolué.
Mais l’essentiel demeure.
À l’approche de ses 70 ans, MYMA continue d’avancer comme elle l’a toujours fait : en faisant dialoguer son héritage avec les usages de demain, la technologie avec l’exigence artistique, et surtout la musique avec l’image.


Une maison en mouvement, avec l’émotion comme héritage.

Sources & références

  1. France Musique, Benoît Duteurtre, « Paul Bonneau, chef d’orchestre,
    raconté par son fils Christian Bonneau, compositeur-arrangeur », Étonnez-moi Benoît, 24 septembre 2016. Écouter l’émission